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24/02/2010
Recherches : Chikungunya

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Nouvel espoir de traitement


Le chikungunya, est une maladie infectieuse tropicale, due à un arbovirus, un Alphavirus de la famille des Togaviridae, transmise par des moustiques du genre Aedes. Le nom est d'origine makondée et signifie : qui se recourbe, qui se recroqueville, à l'image des feuilles tombées des arbres qui se recourbent en séchant ; on a aussi traduit chikungunya en français « maladie qui brise les os » ou « maladie de l'homme courbé » car elle occasionne de très fortes douleurs articulaires associées à une raideur, ce qui donne aux patients infectés une attitude courbée très caractéristique

 

Le chikungunya, est une maladie infectieuse tropicale, due à un arbovirus, un Alphavirus de la famille des Togaviridae, transmise par des moustiques du genre Aedes. Le nom est d'origine makondée et signifie : qui se recourbe, qui se recroqueville, à l'image des feuilles tombées des arbres qui se recourbent en séchant ; on a aussi traduit chikungunya en français « maladie qui brise les os » ou « maladie de l'homme courbé » car elle occasionne de très fortes douleurs articulaires associées à une raideur, ce qui donne aux patients infectés une attitude courbée très caractéristique.

 

La transmission du virus d'un humain malade à un moustique se fait par le sang aspiré lors de la piqûre. La contamination d'un homme sain est réalisée par la salive de moustiques qui ont été infectés quelques jours ou quelques semaines auparavant. Seules les moustiques femelles piquent.

 

Plusieurs espèces de moustiques sont susceptibles de transmettre le chikungunya, mais seules Aedes aegypti et Aedes albopictus ont été à ce jour identifiées comme vecteurs épidémiques, à cause de leur adaptation aux zones d'habitat humain. Ces mêmes espèces sont également impliquées dans la transmission d'autres arbovirus : dengue, fièvre dengue hémorragique (DHF), fièvre jaune,Filariose, etc.

 

Le chikungunya n'est pas une maladie nouvelle. Le virus a été isolé pour la première fois en 1952-1953 lors d'une épidémie de fièvre qui sévissait sur le plateau du Makonde dans la province de Newala au Tanganyika (actuelle Tanzanie). La maladie est responsable d'affections sévissant sous forme endémique en zones rurales d'Afrique subtropicale, et sous forme épidémique dans des populations non immunes, en particulier urbaines, aussi bien en Afrique qu'en Asie du sud (Inde, Viêt Nam).

 

Pourtant, des chercheurs du CEA, de l'Université Paris-Sud 11, de l'INRA et de l'Ecole nationale vétérinaire de Nantes-Oniris, avec la collaboration de partenaires de l'IRD, du CNRS, et des universités de la Méditerranée et de Paris Descartes, viennent de décrypter certains mécanismes de la pathologie grâce à un modèle animal particulièrement représentatif de ce qui se passe chez l'Homme.

 

En effet, les chercheurs ont montré pour la première fois que les macrophages sont le siège de la conservation du virus dans l'organisme, suggérant leur rôle dans la persistance des symptômes observés plusieurs mois après la phase aiguë de l'infection.

 

Les travaux de ces chercheurs ont été publiés online par la revue Journal of Clinical Investigation. Les chercheurs estiment que les résultats de ces recherches ouvrent des pistes pour le développement de thérapies, aussi bien préventives que curatives.

 

La transmission directe du virus d'homme à homme n'existe pas. Il existe une transmission in-utero du virus de la mère à l'enfant (une quarantaine de cas ont été décrit en 2005-2006 à La Réunion). Le chikungunya peut alors induire des lésions neurologiques graves chez le fœtus, pouvant entraîner son décès in utero au cours du second trimestre (3 cas à La Réunion).

 

Mais le risque essentiel est constitué par l'accouchement en période virémique, c'est-à-dire pendant que la future maman est malade du chikungunya. Dans la moitié des cas, l'enfant est alors contaminé par le virus et fait une encéphalite dans 10% des cas. En piquant une personne infectée, le moustique récupère le virus et peut ainsi le propager. L'Aedes femelle ne sera alors infestant qu'après plusieurs jours de développement du virus dans son corps : c'est le cycle extrinsèque qui amène le virus du tube digestif aux glandes salivaires du moustique.

 

Aucun médicament n'a été mis au point à ce jour ; seul un vaccin expérimental a été développé par l'Institut de recherche de l'armée des États-Unis. La souche vaccinale (souche thaïlandaise datant de 1962 atténuée par passages successifs sur cellule vero de singes), a été cédée par l'Institut de recherche de l'armée des États-Unis à l'INSERM qui travaille actuellement sur la préparation d'essais de phase III chez l'homme (requalification en cours - mi 2007). La souche vaccinale est en cours de requalification en France sous l'égide de l'INSERM. En cas de requalification positive, des essais vaccinaux pourraient être menés en 2007 en métropole (essais de tolérance), puis ultérieurement en période d'épidémie dans un territoire français d'outremer (essais d'efficacité). Il n'existe pas de traitement virucide.

 

Faute de traitement étiologique, le traitement reste donc purement symptomatique : contrôle de la fièvre et de la douleur au moyen de paracétamol. Comme au cours de la dengue, l'aspirine ne doit pas être utilisée en raison des risques de saignement que cette molécule et que le chikungunya provoquent (diminution de l'aggrégabilité et du nombre des plaquettes sanguines).

 

Le virus n'avait pas la réputation d'être mortel, mais des cas d'encéphalites et de défaillances d'organes ont été décrits lors de l'épidémie de la Réunion. Le chikungunya ne peut donc plus être considéré comme une maladie bénigne. Il existe des formes asymptomatiques (c'est-à-dire sans fièvre ni douleurs), mais dans une très faible proportion (6 - 10 % des cas, sur des études de séroprévalence conduites à la Réunion et à Mayotte en 2006).

 

La seule véritable prévention à ce jour consiste donc à combattre la reproduction et la prolifération des moustiques par élimination des gîtes larvaires d'eau stagnante par exemple les vases des cimetières, les bâches des piscines, les récipients abandonnés, les gouttières, les pneus entreposés à l'extérieur, les déchets. Aedes albopictus, moustique vecteur du chikungunya est très lié aux activités humaines.

 

Le chikungunya fait partie de la liste des maladies à déclaration obligatoire en France métropolitaine, aux Antilles, dans le Pacifique français, et à la Réunion depuis le 19 décembre 2008. Il ne suffit pas de se protéger soi-même, il faut aussi penser à la communauté. Il existe pour ce faire un dispositif de surveillance à l'INVS. Ces résultats, qui permettent de mieux comprendre les mécanismes conduisant à la maladie, constituent une étape importante dans le processus de l'innovation en thérapeutique.

 

Les chercheurs du CEA disposent maintenant des outils qui permettent de tester de nouveaux traitements en laboratoire. Ceci est essentiel puisque les traitements actuels à la disposition des médecins sont uniquement symptomatiques.

 

La portée de ces observations pourrait certainement dépasser le cadre du Chikungunya. La persistance des virus dans les macrophages et les cellules dendritiques pourrait être un phénomène commun à plusieurs virus de la même famille, les arbovirus, transmis par les arthropodes.

 

Source :www.actualites-news-environnement.com -Auteur :Jean-Charles BATENBAUM- 23/02/2010 



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